Les maires peuvent interdire les cirques avec animaux

Un maire peut interdire la venue d’un cirque avec animaux sur sa commune, étant garant de la sécurité de ses citoyens et exerçant ses pouvoirs de police. Beaucoup de maires interdisent les cirques avec animaux pour des raisons d’éthique. En effet les conditions de vie des animaux dans les cirques et leur dressage sont difficilement défendable d’un point de vue moral.

Pour empêcher un cirque de venir sur leur commune, les maires peuvent procéder de 2 façons :

  • un arrêté pris par le maire seul, qui doit ensuite être approuvé par le Préfet
  • ou une délibération lors d’un conseil municipal

Dossier réalisé par le CCE²A (Collectif Contre l’Expérimentation et l’Exploitation Animales) expliquant les conditions de vie et de dressage des animaux dans les cirques.

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Dossier de l’association APCLO sur les chats libres

Dossier complet créé et diffusé par l’APCLO aux maires de la région d’Orléans, pour la prise en charge et la stérilisation des chats à l’état libre.

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L’association a rédigé une lettre destinée aux maires pour leur demander une autorisation d’identification et de stérilisation  des chats à l’état libre sur le domaine public.

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Geoffrey Le Guilcher, journaliste, s’est infiltré 40 jours dans un abattoir industriel en Bretagne. Il relate cette expérience dans Steak Machine, livre paru ce jeudi 2 février 2016. – F. Pouliquen / 20 Minutes

Un journaliste s’infiltre dans un abattoir et sort un livre choc : Steak machine

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Geoffrey Le Guilcher, journaliste, s’est infiltré  40 jours dans un abattoir pour connaître la vie au quotidien des « tueurs », en d’autres termes, les employés qui tuent les animaux, travaillant dans un espace fermé appelé « le mur ». Ce qui lui a permis aussi de mesurer le stress et les conditions physique des hommes et des femmes qui y travaillent mais aussi de se rendre à l’évidence que les animaux qui sont tués, restent conscient et maltraités par la cadence soutenue à tous les niveaux….

Création d’EVADAS (Ethique Vétérinaire et Abolition des Divertissements avec Animaux Sauvages)

Le 25 décembre 2016 à été créé EVADAS (Ethique vétérinaire et abolition des divertissements avec animaux sauvages). Son but est de réunir les vétérinaires qui s’opposent aux spectacles mettant en scène des animaux sauvages.

Déclaration de l’EVADAS : 

« En tant que vétérinaires, nous nous déclarons opposés à l’utilisation à des fins commerciales ou récréatives d’animaux sauvages captifs lorsqu’un dressage leur est imposé et/ou lorsque les conditions de détention ne respectent pas leurs besoins biologiques et comportementaux spécifiques et sont, par conséquent, sources de souffrances physiques et psychologiques graves.
Les activités concernées sont les cirques avec animaux sauvages, les delphinariums, les montreurs d’ours, les animaux sauvages présentés dans des spectacles, au cinéma, dans des émissions télévisées ou dans des publicités, et tous les cas de détention dans des zoos ou aquariums dès lors que des souffrances seraient scientifiquement confirmées. »

Comment agir?

Vous pouvez informer votre vétérinaire (et ceux de votre secteur) sur la création de ce collectif et l’inviter à le rejoindre en s’inscrivant gratuitement via ces liens :

Lien vers le blog de l’EVADAS

Déclaration pour s’inscrire à l’EVADAS

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Le cirque Barnum, «le plus grand spectacle du monde», vit ses derniers jours

Article LE PARISIEN

Culture & Loisirs|16 janvier 2017, 10h52|2

ARCHIVE. L’année dernière, le cirque américain avait choisi de se passer d’éléphants, qui étaient pourtant le clou de son spectacle.REUTERS/Andrew Kelly

Les dernières représentations du cirque américain auront lieu au mois de mai.

Baisser de rideau pour le «le plus grand spectacle du monde», comme il aimait se présenter. Après 146 ans de représentations, le cirque Barnum, nom devenu commun dans la langue française, a annoncé samedi soir sa fermeture pour le mois de mai. La dernière du spectacle «Circus XTREME» aura lieu le 7 mai à Rhode Island et celle du spectacle «Out of This World» le 21 mai à Uniondale, près de New York.

Officiellement nommé Ringling Bros. and Barnum and Bailey Circus après plusieurs fusions, le cirque a expliqué dans un communiqué qu’il ne survivait plus financièrement, en raison de l’augmentation des coûts et du déclin des ventes de billets, surtout depuis qu’il a été forcé par les défenseurs des animaux de retirer les éléphants qui étaient le clou de son spectacle.
La décision a été «difficile» car «le cirque et ses collaborateurs ont été une source continuelle d’inspiration pour ma famille et moi», précise dans le communiqué Kenneth Feld, PDG de Feld Entertainment qui produit de nombreux autres spectacles et dont le père avait repris le cirque il y a 50 ans.

PETA salue «la fin du plus triste spectacle du monde»

En France, cette décision attriste Francesco Bouglione, directeur du cirque Bouglione. «Les gens qui aiment le cirque se sentent tous assommés parce que c’est une page de l’histoire du cirque mondial qui se tourne», a-t-il réagi. «Le cirque Ringling est plus victime de la finance que de la désertion du public (…) Il faudra m’expliquer comment un spectacle qui a a eu dix millions de spectateurs dans l’année n’arrive pas à être rentable. Je suis très étonné», a-t-il ajouté.

Mais l’annonce du cirque Barnum ne fait pas que des malheureux. L’association de défense des animaux PETA a salué la fin du «plus triste spectacle au monde», estimant qu’il s’agissait d’un exemple pour «les grands cirques qui font encore souffrir des animaux» et que c’était «un signe des temps qui changent».

Faut-il tuer ces rats que Paris ne saurait voir?

Article LIBÉRATION
Faut-il tuer ces rats que Paris ne saurait voir ?
Faut-il tuer ces rats que Paris ne saurait voir ? Mylène Blanc. Plain picture

On s’acharne contre ceux que l’on appelle des animaux «liminaires». Ni domestiques ni sauvages, ils vivent avec nous en ville. Mais pourquoi l’espace urbain serait-il réservé aux êtres humains ?

Le 28 septembre, le Conseil de Paris a adopté le vœu qu’«un groupe de travail sur le sujet des animaux en ville soit créé», considérant «le souci de notre municipalité pour la condition animale et les actions qu’elle a déjà engagées en ce sens». Il est cependant difficile, avec la meilleure volonté du monde, de classer, parmi «les actions déjà engagées», les plans de dératisation que, régulièrement, les services municipaux mettent en œuvre afin de lutter contre la «prolifération» des rongeurs dans Paris…

Le plan d’action en cours, lancé le 8 décembre, a été rendu public par un communiqué officiel annonçant la fermeture de plusieurs squares et invitant à signaler la présence de rats. Pour la première fois, ce me semble, ces mesures suscitent la polémique ; leur pertinence est contestée par Jean-Paul Richier, psychiatre et praticien hospitalier ; une pétition a été lancée à l’initiative de Jo Benchetrit, psychologue clinicienne, demandant l’arrêt immédiat des opérations de dératisation, aussi bien à Paris qu’à Marseille, elle a recueilli plus de 20 000 signatures.

Cette polémique n’est pas seulement due à la maladresse du docteur Georges Salines, chef des services parisiens de santé environnementale, qui, interrogé par le Parisien, affirme : «Les rats sont une menace sanitaire réelle. Il n’y a pas de risque de maladie ou de peste… Que les Parisiens se rassurent.» Se rendant sans doute compte du caractère contradictoire de ses propos, le docteur Salines ajoute dans la même interview que «ce sont des problèmes de propreté ainsi qu’un réel désagrément visuel et psychologique», formulant une opinion purement subjective étrangère à ses fonctions et à sa qualité de médecin.

En réalité, l’acharnement parisien contre les rats, commun à de nombreuses autres municipalités, tient à ce que ceux-ci sont des animaux liminaires.

Nous devons à Sue Donaldson et à Will Kymlicka, connus l’une pour ses études sur les droits des animaux, l’autre pour ses travaux sur le multiculturalisme, d’avoir remis en cause la distinction binaire entre les animaux domestiques et les animaux sauvages en définissant une troisième catégorie, celle des animaux «liminaires». Dans Zoopolis, dont la traduction française vient de paraître aux éditions Alma, les deux philosophes observent qu’il existe «une grande variété d’espèces non domestiques qui se sont adaptées aux espaces habités par les humains», soit que ces animaux trouvent quelque avantage à vivre parmi nous (nourriture, abri, protection contre les prédateurs, etc.), soit que nous ayons occupé, encerclé ou détruit leur habitat naturel.

Prisonniers de la distinction que nous avons établie entre les animaux domestiques et les animaux sauvages, nous considérons que les animaux sauvages doivent vivre dans la nature sauvage et traitons les animaux liminaires comme des intrus. «Comme ils ne font pas partie de notre société, nous sommes persuadés de pouvoir éliminer en toute impunité ces prétendus nuisibles par des méthodes semblables à celles du nettoyage ethnique», accusent Donaldson et Kymlicka, dans des pages où le traité de philosophie politique qu’est Zoopolis se sublime en un remarquable plaidoyer.

Les rats ne sont d’ailleurs pas les seuls animaux à subir la violence aveugle des services municipaux ; les lapins, qui avaient fait garenne sur le terre-plein central aménagé devant le Palais des congrès de Paris, ont disparu depuis plusieurs années déjà ; leurs congénères établis à quelques centaines de mètres de là, sur le rond-point de la place du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, ont connu le même sort.

Plus récemment est venu le tour des lapins ayant élu domicile devant la façade nord de l’Hôtel des Invalides, à quelques pas du tombeau de l’empereur.

Le docteur Salines rappelle aussi aux lecteurs du Parisien «qu’il ne faut pas donner de nourriture aux pigeons, qui partagent les mêmes terrains de jeu que les rats», illustrant involontairement les travaux du sociologue américain Colin Jerolmack. Celui-ci, dans un article intitulé «Comment les pigeons sont devenus des rats», montre que la dégradation de l’image des pigeons au cours du XXe siècle aux Etats-Unis et en Angleterre est la conséquence de la redéfinition progressive de l’espace urbain en un domaine réservé aux êtres humains ; encore perçus comme des oiseaux innocents au XIXe siècle, les pigeons finissent par recevoir, dans les années 60, la qualification de «rats avec des ailes», soulignant leur prétendue saleté au-delà de toute menace de maladie.

Les risques sanitaires, les «problèmes de propreté» et les «désagréments psychologiques» invoqués par le chef du service parisien de santé environnementale sont autant de mauvais prétextes à l’exclusion des rats, avec ou sans ailes, des parcs et des jardins parisiens, «terrains» de jeu que quelques fonctionnaires municipaux prétendent limiter aux êtres humains que nous sommes.

Le temple de Karni Mata à Deshnok, au Rajasthan, abrite plus de vingt mille rats, manifestations des conteurs et poètes ramenés à la vie sous cette forme par Karni, mystique du XIVe siècle, avec la permission de Yama, dieu de la mort. La nourriture et les boissons goûtées par les rats sont «bénies» ; aussi les fidèles trempent-ils leurs doigts dans les bols de lait donnés aux rats, avant de les lécher en signe de communion divine. De mémoire humaine, la ville de Deshnok n’a pourtant jamais connu d’épidémie dont le temple de Karni Mata aurait été le foyer…

Les auteurs de Zoopolis relèvent que les animaux liminaires «n’ont pas la possibilité (en tant qu’individus) de retourner vivre dans la nature sauvage, ils font donc partie de nos sociétés, et nous ne pouvons pas légitimement les en exclure». Il est en effet absurde de penser que les lapins des Invalides pourraient, si l’envie leur en prenait, traverser Paris et rejoindre les garennes du bois de Boulogne ou du bois de Vincennes qui, peut-être, abritaient leurs ancêtres. Sue Donaldson et Will Kymlicka remarquent en outre que les animaux liminaires «sont confrontés à des dynamiques d’exclusion et d’occultation similaires à celles qui affectent les résidents humains». Les uns et les autres sont généralement sommés de choisir entre être «dedans ou dehors», entre le statut de citoyen et celui d’étranger pour les humains, entre la domestication et l’expulsion, voire l’abattage pour les animaux.

Les clôtures antimigrants installées par la Hongrie à ses frontières serbe et croate en 2015 font ainsi écho aux barrières à lapins, d’une longueur totale de 3 000 kilomètres, que l’Australie fit élever sur son territoire au début du XXe siècle, afin de protéger avant tout les intérêts économiques de ses éleveurs et agriculteurs, établis pour la plupart sur des terres confisquées aux aborigènes.

Les lointains descendants des lapins européens introduits sur le continent australien par les colons britanniques, il y a plus d’un siècle et demi, sont d’ailleurs toujours considérés comme des envahisseurs. L’espèce, pour les animaux liminaires, joue donc un rôle semblable à celui de la race pour les humains immigrés ; elle délégitime la succession des générations sur un même sol.

La Mairie de Paris fait des efforts considérables (et louables) afin d’améliorer l’accueil des migrants humains ; elle s’emploie au contraire à refouler ou à exterminer les animaux liminaires que son territoire abrite. Un jumelage ou un pacte d’amitié entre Paris et Deshnok permettrait-il de mettre un terme à cette politique incohérente, au bénéfice des animaux liminaires ?

Il est permis de le penser, alors, de surcroît, que les abords du temple de Karni Mata accueillent… de très nombreux pigeons ! Un jumelage entre les villes de Paris et Deshnok, décidément, s’impose.

Philippe Reigné Agrégé des facultés de droit, professeur du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam)