Dites STOP à la persécution du Costa Rica sur Paul Watson capitaine de Sea Shepherd

En vertu de la Loi sur la protection de la vie privée et de la protection de la vie privée, la Cour suprême du Canada, Au nom de la justice, nous vous demandons de mettre fin au procès intenté contre le capitaine Paul Watson en 2002, en raison du fait que les données de localisation géographique fournies par L’équipage «Varadero 1» a prouvé qu’il pêchait illégalement dans les eaux guatémaltèques et que le capitaine Watson était autorisé à agir conformément à la loi de ce pays.

Merci de signer la pétition en cliquant sur le lien

http://www.avaaz.org/en/petition/Fiscalia_CR_Liberemos_a_Paul_Watson_de_la_persecucion_de_las_Mafias_de_la_Pesca_Ilegal

Film Terriens (Earthlings)

TERRIENS (Earthlings) est un film documentaire américain de Shaun Monson sorti en 2005, et dont la réalisation a nécessité cinq années de travail et d’investigations. Il montre le traitement des animaux destinés à la nourriture, à l’habillement, aux divertissements et aux recherches scientifiques.

Véritable film coup de poing sur la manière dont les humains traitent les animaux.
Le narrateur est Maxime Ginolin, à qui l’on doit le film « Le Jugement », et la musique est signé par Moby.

Liste des membres du réseau citoyen (liste en cours de constitution)

RÉSEAU CITOYEN DU MOUVEMENT POUR LES ANIMAUX :

Par département et ordre alphabétique :

Département des Hautes-Alpes (05) :

  • Marie LAPRADE (05300)
  • François VION (05300)

Département de la Drôme (26) :

  • Nadia NORREY (26540)

Département Ile-et-Vilaine (35) :

  • Solen DESPRES (35000)

Département de l’Isère (38) :

  • Isabel FOURNIER (38400)

Département de la Loire (42) :

  • Michèle BARGE (42340)
  • Gisèle SOUCHON (42660)

Département du Loiret (45) :

  • Aurélie CADEAU (45000)
  • Edna HERSCOVICI (45400)
  • Marie VERNOIS (45160)

Département du Rhône (69) :

  • Nathalie DEHAN (69003)
  • Ashley SACI-JOUARD (69005)

Département de la Haute-Savoie (74) :

  • Elsa ROUFRAYS (74100)

Département de Paris (75) :

  • Hélène MARQUER (75013)

Suisse :

  • Alizée VERON

Liste des membres du réseau citoyen (liste en cours de constitution)

RÉSEAU CITOYEN DU MOUVEMENT POUR LES ANIMAUX :

Par département et ordre alphabétique :

Hautes-Alpes (05) :

  • Marie LAPRADE (05300)
  • François VION (05300)

Drôme (26) :

  • Nadia NORREY (26540)

Ile-et-Vilaine (35) :

  • Solen DESPRES (35000)

Isère (38) :

  • Isabel FOURNIER (38400)

Loire (42) :

  • Michèle BARGE (42340)
  • Gisèle SOUCHON (42660)

Loiret (45) :

  • Aurélie CADEAU (45000)
  • Edna HERSCOVICI (45400)
  • Marie VERNOIS (45160)

Rhône (69) :

  • Nathalie DEHAN (69003)
  • Ashley SACI-JOUARD (69005)

Haute-Savoie (74) :

  • Elsa ROUFRAYS (74100)

Paris (75) :

  • Hélène MARQUER (75013)

Suisse :

  • Alizée VERON

« La situation des éléphants dans les cirques est gravement préoccupante »

Neuf vétérinaires et éthologues appellent à cesser la captivité des pachydermes qui subissent des souffrances physiques et psychologiques au quotidien.

LE MONDE | • Mis à jour le

Photo de Samba, au cirque d’Europe à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), le 25 octobre.

A la lumière des connaissances scientifiques actuelles, nous, éthologues, zoologistes et vétérinaires, lançons un appel d’urgence sur la situation, gravement préoccupante, des éléphants dans les cirques et demandons l’arrêt immédiat de leurs représentations.

Tout d’abord, ces éléphants ont tous, sans exception, été arrachés à leur pays d’origine, ainsi qu’à leur famille lorsqu’ils n’étaient que des bébés. C’est ainsi qu’un animal sauvage se dresse : très jeune, isolé des siens pour le briser psychologiquement, alors que, de surcroît, les éléphants sont des animaux extrêmement sociaux. C’est un premier traumatisme qu’ils n’oublieront jamais.

Ensuite, ces individus, isolés, subissent au quotidien des souffrances physiques et psychologiques, dans des structures itinérantes non conformes à leurs impératifs biologiques et sociaux.

L’histoire de l’éléphante Samba illustre cruellement ce tragique destin. Elle est capturée à l’âge d’un an, au Kenya, après que sa famille a été tuée par des braconniers. Samba est alors vendue à un dresseur. Commence un intense dressage au moyen de piques métalliques qui, créant un climatde peur, permettent de dominer et de forcer les animaux, par la violence, à prendre des positions humaines (se tenir debout par exemple). Au début des années 2000, Samba commence ses représentations dans les cirques. Le 20 mai 2003, à Rochefort-du-Gard (Gard), elle refuse de faire son numéro : mimer sa propre mort. Après le spectacle, son dresseur la roue de coups. Des enfants assistent à cette scène d’une rare violence et, en pleurs, le supplient d’arrêter.

Malgré une plainte de l’association de défense animale One Voice, elle continue à subir la captivité et le dressage. Samba passe la majorité de son temps dans un enclos de 100 m2. A cela s’ajoute la promiscuité avec d’autres espèces comme les tigres ou les primates, l’interaction forcée avec le public, le transport routier régulier, la musique et les applaudissements bruyants et des lumières agressives lors des représentations. Cette situation est d’autant plus inquiétante que les éléphants sont des animaux d’une grande sensibilité sensorielle et émotionnelle, comparable aux orques.

En 2004, le cirque qui la détient change de nom et Samba aussi. Désormais, ses dresseurs l’appellent Tania. Le 8 septembre 2013, à Lizy-sur-Ourcq (Seine-et-Marne), la détresse de Samba est telle que l’éléphante jette une bâche sur le fil électrique de sa clôture et s’échappe en tuant accidentellement un homme dans sa course folle. Malgré un procès, la justice ne modifiera en rien cette situation : Samba continuera à être exploitée et vivre sa vie d’éléphant martyr dans le Cirque d’Europe.

Le cas de Samba n’est pas sans nous rappeler celui de Tyke qui, en pleine représentation, à Honolulu (Hawaï), s’était évadée d’un cirque en tuant son dresseur et blessant un employé du cirque. L’éléphante s’était alors retrouvée en pleine rue et la police l’avait criblée de balles sous le regard terrifié des passants.

Les numéros de cirque exigés des éléphants les poussent au désespoir.

Des acrobaties non adaptées à leur morphologie : la douleur physique

Les numéros exécutés régulièrement sont une source de blessures aux articulations (principalement du coude et du genou), aux disques intervertébraux et peuvent causer des fissures dans les ongles. Faire asseoir un éléphant fait partie des numéros classiques. Pourtant, cette position humaine conduit à une pression excessive sur le diaphragme pouvant causer une hernie. C’est un état grave qui peut entraîner la mort. C’est la raison pour laquelle, afin d’éviter cette pression interne, les dresseurs imposent par la violence à leurs éléphants de déféquer avant d’entrer en piste.

La captivité et l’isolement : la douleur psychologique

Comme tout animal de cirque itinérant, les éléphants passent leur vie attachés et enfermés dans des remorques pendant les transports. Un cirque sillonne jusqu’à 10 villes par mois, ce qui représente des milliers de kilomètres chaque année et de longues heures durant, sans eau ni nourriture.

Les éléphants sont des animaux grégaires : à l’état sauvage, ils peuvent former des groupes sociaux de 30 à 40 individus. Il est temps de prendre en compte les besoins fondamentaux des éléphants détenus par les cirques. Accepter cette situation, c’est cautionner la condamnation de ces animaux si majestueux. Rappelons que la Fédération des vétérinaires d’Europe, qui regroupe 46 organisations dans 38 pays, recommande l’interdiction de l’utilisation d’animaux sauvages dans les cirques en déclarant dans un communiqué de presse en date du 6 juin 2015 : « Leurs exigences physiologiques, mentales et sociales ne peuvent être atteintes de manière adéquate ». Aujourd’hui, 23 pays ont interdit les cirques avec animaux (dont 9 pays européens).

Une retraite bien méritée…

Au vu de ces éléments, nous recommandons vivement que les éléphants détenus dans les cirques soient placés dans une structure adaptée à leurs besoins fondamentaux liés à leur espèce, comme Elephant Haven. Située dans le Limousin et fondée par des spécialistes des éléphants, Elephant Haven est un sanctuaire européen destiné aux éléphants captifs pour leur offrir un havre de paix. Les éléphants n’y seront jamais enchaînés ou contraints par la force. Ce sanctuaire ouvrira ses portes dès 2017. Il s’agit donc d’une formidable chance de mettre un terme heureux au calvaire de ces « éléphants clowns », enfin !

Les actes de résistance de Samba sont fréquents et préoccupants. Avoir une mémoire d’éléphant n’est pas seulement une expression populaire. Les éléphants n’oublient jamais et encore moins lorsqu’ils ont subi des traumatismes multiples.

Allons-nous attendre que Samba soit la nouvelle Tyke pour que l’Etat agisse ?

Dorothée Aillerie, vétérinaire.

Thierry Bedossa, vétérinaire, comportementaliste et président de l’association AVA (Aide aux vieux animaux).

Norin Chaï, vétérinaire.

Philippe Devienne, vétérinaire et philosophe.

Claire Fournier, vétérinaire.

Yann Huchedé, directeur du refuge animalier de l’Arche.

Julie Lasne, éthologue.

Cyril Leduc, éthologue et président de l’association Les Félins.

Joël Minet, biologiste, Muséum national d’histoire naturelle.

20 animations pour initier les enfants au respect des animaux sont actuellement en cours de conception. Elles paraîtront sur ce site au fur et à mesure de la fin de leur réalisation. Leur présentation figure dans les onglets Périscolaire et Écoles.

12 ANIMATIONS POUR LE RESPECT DES ANIMAUX A L’ATTENTION DES ENFANTS

LE MOUVEMENT POUR LES ANIMAUX présente

12 ANIMATIONS SCOLAIRES ET PÉRISCOLAIRES

de 55 minutes chacune POUR LE RESPECT DES ANIMAUX

à l’attention d’enfants de 5 à 11 ans (niveau primaire)

Une école de la vie avec les animaux

Il a été prouvé lors d’une étude menée par le professeur Laurent BÈGUE, spécialiste en psychologie sociale, que la plupart des grands délinquants et criminels s‘étaient entraînés à la cruauté auparavant sur des animaux ou avaient assisté durant leur enfance à des scènes de sévices graves sur eux.

Une manière de changer la société vers plus de respect en général est d’éduquer les enfants, dès leur plus jeune âge, au respect des animaux. En effet, ils apprennent ainsi à se mettre à la place de l’autre, à accepter les différences et à se comporter avec une attitude respectueuse.

Les animaux permettent également aux enfants d’exercer leurs premières responsabilités.

photo enfants - copiebis

 

Les enfants acteurs de l’information

Les animations sont conçues de telle sorte que les enfants s’expriment au maximum, à partir de leur expérience et de leur réflexion.

Ils communiquent dans un registre positif et constructif. Aucune image traumatisante n’est présentée. Les informations apportées par les animateurs sont fiables, auparavant supervisées par des spécialistes.

Une intégration dans le programme officiel de l’école primaire : la découverte du monde vivant

Sous une forme ludique, les enfants découvrent différentes facettes du monde animal. Les enseignants ou les responsables en périscolaire accueillent l’animateur avec son matériel, muni d’un certificat de capacité délivré par le MOUVEMENT POUR LES ANIMAUX, ainsi que d’une RIP – Reconnaissance d’Intérêt Pédagogique, délivrée par l’ÉDUCATION NATIONALE.

L’animateur s’adresse à 2 classes minimum en même temps. Il peut aller jusqu’à 10 classes maximum : entre 50 et 250 élèves. Son matériel de projection et de sonorisation le lui permet. Dans ce dernier cas, l’animation peut avoir lieu sous un préau, par exemple. Il en est de même pour les animations périscolaires.

L’animateur, en plus d’une très bonne connaissance des sujets, possède un niveau correct en orthographe et une maîtrise de l’expression orale (bonne élocution, respect de l’écoute des enfants, maîtrise du temps…). Sa formation se déroule sous la responsabilité de la Présidente du MOUVEMENT POUR LES ANIMAUX, professionnellement formatrice en communication auprès de médecins, sages femmes, élus, chefs d’entreprise, agriculteurs, chargée de cours en université et auteur de ces animations.

Une participation à la portée de tous

Il est demandé 1 euro de participation par élève, pris en charge par les élèves eux-mêmes ou par la Caisse des écoles. Concernant les villes, une convention est établie sur les mêmes bases. Les frais de déplacement et de restauration de l’animateur sont pris en charge par l’établissement.

Ensuite, chaque animateur est rémunéré par le MOUVEMENT POUR LES ANIMAUX à hauteur de la moitié des sommes recueillies, l’autre moitié servant à régulariser les charges du salaire, l’achat du matériel, les droits d’auteurs et les frais de fonctionnement de l’association relatifs aux animations.

Le déroulement type d’une animation

  • 1) L’animateur salue les enfants et les enseignants, se présente rapidement et pose les premières questions auxquelles les enfants répondent par une main levée ou non.
  • 2) Il projette ensuite un film d’environ 10 minutes sur le thème choisi.
  • 3) Puis il demande aux enfants s’ils ont des questions ou des commentaires à propos du film.
  • 4) Il enchaîne avec des exercices dont beaucoup sont à base de questions et de jeux de rôles.
  • 5) À la fin, pour le niveau 3, il leur présente un guide pratique, sous format papier, qu’il laisse au responsable de l’établissement. Les enseignants et les documentalistes peuvent ainsi le photocopier pour les élèves.
  • 6) Le chef d’établissement reçoit également un questionnaire d’évaluation que les enseignants peuvent utiliser ou non un mois plus tard.

Les 12 thèmes proposés :

Animations conseillées pour le niveau 1 : 3ème section de maternelle et CP

  • 1) Le jeu chez les animaux
  • 2) Les animaux artistes
  • 3) Les gestes de la tendresse chez les animaux

Animations conseillées pour le niveau 2 : CE 1 et CE 2

  • 4) L’entraide chez les animaux
  • 5) La compassion chez les animaux
  • 6) La communication chez les animaux
  • 7) L’intelligence animale

Animations conseillées pour le niveau 3 : CM 1 et CM 2

  • 8) La relation enfants – chiens et chats
  • 9) La relation enfants – NACS (cochons d’Inde, rats, lapins, etc.)
  • 10) La relation enfants – poissons rouges
  • 11) Le respect des animaux sauvages dans nos maisons et nos jardins
  • 12) L’aide aux chats des rues, sans propriétaires.

L’ensemble des animations est adaptable à tous les niveaux et peut être modulable concernant la durée. Seules les animations du niveau 3 comportent un guide écrit et illustré de conseils pratiques pour les enfants sur le thème traité.

« J’ai trouvé le steak parfait, et il ne contient pas de viande »

J’ai laissé tomber la viande il y a quelques semaines. Autant dire que la rupture ne s’est pas faite en douceur. J’ai passé certains de mes plus beaux souvenirs sur une terrasse, une bière et un cheeseburger à la main. Mais plus j’en…

INITIALEMENT PUBLIÉ SUR

J’ai laissé tomber la viande il y a quelques semaines. Autant dire que la rupture ne s’est pas faite en douceur. J’ai passé certains de mes plus beaux souvenirs sur une terrasse, une bière et un cheeseburger à la main.

Mais plus j’en apprenais sur elle et plus j’ai compris que cette relation était toxique pour nous deux. Il y a certaines choses qu’il faut à tout prix éviter de faire si l’on veut pouvoir manger de la viande industrielle tout en étant en paix avec soi-même. Chercher « minerai de viande » sur Google, regarder une vidéo tournée en caméra cachée dans un abattoir, ou lire le rapport « Bétail et changement climatique » de l’organisation de recherche environnementale Worldwatch Institute.

Ragoût fécal

Making of

L’intégralité de cette histoire vraie signée Rowan Jacobsen est disponible sur Ulyces, notre partenaire. Ulyces est une maison d’édition numérique qui publie chaque jour des histoires vraies sélectionnées pour leur qualité littéraire et leur exigence journalistique (vous pouvez les acheter à l’unité ou vous abonner).

«  Le hamburger ultime est-il végétarien ?  » a été traduit de l’anglais par Marine Bonnichon d’après l’article «  The Top-Secret Food That Will Change the Way You Eat  », paru dans Outside Magazine. Découvrez sur Ulyces d’autres histoires gastronomiques, comme « Comment préparer le meilleur barbecue du monde »,« A la poursuite de la bolognaise ultime », ou encore « Le monde étrange et merveilleux des pizzas coréennes ».

Mais j’ai fait tout cela, et tout a changé. J’ai réalisé qu’à chaque fois que je mangeais un hamburger, je participais à l’assèchement des rivières américaines tout en ingérant un ragoût fécal généreusement assaisonné debactérie E. coli, cautionnant par mon silence goulu une orgie de tortures à en faire pâlir Hannibal Lecter…

Et pour couronner le tout, j’accélérais le réchauffement climatique de la même façon que si j’avais percuté une installation solaire au volant d’un Hummer.

Nous avons bien besoin de bousculer nos habitudes alimentaires, à commencer par les miennes.

Pourtant, mes précédentes tentatives avaient toutes failli, alors que je me retrouvais confronté à des plats biologiques longs à préparer, et des produits à base de tofu dont l’odeur n’était pas sans rappeler celle du carton.

Il me semblait que tous les steaks végétariens auxquels je goûtais étaient déclinés en deux saveurs aussi répugnantes l’une que l’autre :

  • bouillie de riz complet riche en glucide assommante ;
  • et rondelle de gluten à vous ruiner le côlon.

Evitons de parler du Soylent, merci.

Si je ne pouvais plus manger de viande, il me fallait néanmoins trouver quelque chose qui s’en rapproche sacrément. Une source de protéines de qualité, facile à préparer, et que je puisse accompagner d’une bière.

A la recherche d’un substitut

J’ai longuement marché, la mine basse, sur les sentiers du Vermont – où je vis. Alors que je passais devant la ferme de mon voisin, l’un de ses bœufs d’élevage s’est approché de la barrière pour me regarder fixement. J’ai caressé du regard ses flancs dodus et sa poitrine charnue. J’ai plongé mes yeux dans les siens, bruns et insondables, avant de murmurer : « Je ne peux pas tirer un trait sur notre histoire… »

Et pourtant, je l’ai fait. Pas à cause d’un soudain sursaut de volonté dont je ne me soupçonnais pas capable, mais simplement parce que j’ai reçu un colis qui a rendu la tâche facile.

A l’intérieur se trouvaient quatre steaks dorés de 115 grammes chacun. J’en ai jeté un sur le grill. Le contact a provoqué un grésillement caractéristique satisfaisant. Une belle écume de gras a commencé à crépiter. L’air s’est rempli d’une odeur de bœuf. J’ai toasté deux pains à hamburger et décapsulé une bière. J’ai sorti de la moutarde, du ketchup, des cornichons au vinaigre, des oignons et assemblé le tout. Après avoir ajouté quelques frites sur le côté, j’ai pris une grande bouchée. J’ai mâché. J’ai réfléchi. J’ai continué de mâcher. Et j’ai commencé à avoir foi en l’avenir.

Le steak parfait

Cela s’appelait un Beast Burger, et il m’avait été envoyé par la sociétéBeyond Meat, basée dans le sud de la Californie, à quelques rues de l’océan. A ce moment-là, le Beast était encore un secret bien gardé. On ne le connaissait que par son nom de code : le Projet Manhattan Beach. J’ai dû supplier Ethan Brown, le patron de la boîte âgé de 43 ans, de m’envoyer un échantillon.

Des Beast Burgers sur le grill

Des Beast Burgers sur le grill – Beyond Meat

Et son steak était vegan-compatible. « Il contient plus de protéine que le bœuf », m’a assuré Brown lorsque je l’ai appelé après l’avoir goûté.

« Plus d’oméga 3 que le saumon, plus de calcium que le lait et plus d’anti-oxydants que les myrtilles. En plus de cela, il favorise la récupération musculaire. C’est de loin le steak le plus parfait. »

Je lui demande : « Comment faites-vous pour lui donner ce goût de viande ? »
« C’est de la viande », a-t-il répondu d’un air énigmatique. « Venez nous voir, je vais vous montrer notre bœuf. » Ainsi soit-il.

Un bœuf insensible et fait d’acier

Le QG de Beyond Meat est un entrepôt en briques situé à quelques pas d’El Segundo, l’énorme raffinerie Chevron. Elle tousse des nuages de fumée noire dans l’azur californien. « Vieille économie, nouvelle économie », commente Brown alors que nous pénétrons à l’intérieur.

Dans un open space, une vingtaine de jeunes gens entre 20 et 30 ans tapent frénétiquement sur des ordinateurs portables installés sur des bureaux sur tréteaux. On dirait un décor monté le matin même pour un film sur les start-up. Des vélos et des planches de surf sont appuyés contre les murs.

Dans la cuisine-laboratoire, Dave Anderson, le chef cuisinier de Beyond Meat, est en train de faire cuire des steaks expérimentaux faits à base de haricots, de quinoa et d’autres choses vertes étranges. Dave est un ancien chef très célèbre. Il est le cofondateur de Hampton Creek, la société connue pour sa mayonnaise végétalienne.

Le « bœuf » est le seul à disposer de son propre espace. Il étincelle, insensible et fait d’acier, dans un coin du laboratoire. Il s’agit en réalité d’une extrudeuse à double vis, bijou technologique de l’industrie agroalimentaire qui produit à tour de bras toutes les pâtes et barres énergétiques du monde.

Les extrudeuses principales de Beyond Meat, ainsi que 60 autres employés, travaillent paisiblement dans le Missouri. Ils produisent la génération actuelle de substituts à la viande de Beyond Meat, mais cette machine-là sert à la R&D.

Pour faire un Beast Burger, on mixe d’un côté de la machine de la protéine de pois en poudre, de l’eau et de l’huile de tournesol, avec plusieurs nutriments et arômes naturels. Ce mélange est ensuite cuit et pressurisé, avant d’être expulsé à l’arrière de la machine. Après quoi on obtient des steaks prêts à être cuits.

De la viande, ni plus ni moins

« Elle fait à peu près la taille d’un gros bœuf, n’est-ce pas ? » commente Brown alors que nous l’admirons. « Et elle fonctionne pareil. »

Ce qu’il veut dire, c’est qu’on met tous les éléments végétaux d’un côté. Ils sont ensuite séparés, puis rassemblés en paquets de protéines fibreux. Un bœuf le fait pour gagner du muscle. L’extrudeuse du labo de Beyond Meat le fait pour fabriquer de la viande.

Brown vous dira que ce n’est pas seulement une substance qui ressemble à de la viande. C’est de la viande, ni plus ni moins. De la viande faite à partir de végétaux. Car selon Brown, la viande n’est en réalité rien de plus qu’un gros morceau de protéine savoureux et consistant. A-t-on vraiment besoin qu’un animal l’assemble pour nous, ou est-on suffisamment habiles pour construire des machines capables de faire tout le boulot ?

Un hamburger Beyond Meat

Un hamburger Beyond Meat – Beyond Meat

En vérité, le bétail est terriblement incompétent lorsqu’il s’agit de fabriquer de la viande. Seuls 3% de la matière végétale qu’ingère un bœuf se transforme en muscle. Le reste est dépensé pour produire de l’énergie et rejeter du méthane. Il peut être rejeté comme excès de chaleur, expulsé par l’arrière de l’animal ou réutilisé d’une façon qui n’a rien à voir avec la viande. Par exemple pour finir dans le sang, les os ou le cerveau.

L’élevage de bétail remplit les rivières de fumier et occupe une incroyable superficie de terrain. Près des 3/5 des terres agricoles sont utilisés pour l’élevage de bœufs, bien qu’ils représentent à peine 5% de notre apport en protéine.

Mais il y a qu’on adore la viande. Et si l’on ajoute à la table les couverts des pays en voie de développement, qui aiguisent déjà leurs couteaux à viande, la consommation mondiale de protéine devrait doubler d’ici 2050.

« Je voulais créer un McDonald’s végétal »

Ethan Brown, PDG de Beyond Meat

Ethan Brown, PDG de Beyond Meat – Stuart Isett/Fortune Brainstorm Green

C’est ce qui empêche Brown de dormir la nuit. Du haut de son 1,98 m, pourvu de bras massifs, l’homme témoigne des propriétés des protéines végétales. A côté de sa voix, celle de James Earl Jones semble presque de crécelle. Il est devenu végétarien alors qu’il était adolescent à Washington, après que sa famille a fait l’acquisition d’une entreprise laitière dans le Maryland. « J’ai commencé à me sentir mal à l’aise dans mes baskets en cuir », dit-il. « Parce que je connaissais les vaches, je m’occupais tout le temps d’elles. »

Il avait la vingtaine quand il est devenu végétalien. « Ce n’était pas par culpabilité. C’était une question d’équité », m’explique-t-il. « Pourquoi s’occupe-t-on si bien de nos chiens et pas des cochons ? En grandissant, on essaie d’être plus cohérents. »

Il est déjà très ambitieux. « Je voulais créer un McDonald’s végétal. » Finalement, il s’est orienté vers le domaine des énergies alternatives, et a travaillé sur les piles à combustibles pour Ballard Power Systems, une entreprise de Vancouver.

« En un sens, travailler dans l’énergie semblait plus sérieux. Mais l’idée de travailler dans l’agroalimentaire n’arrêtait pas de me hanter, et j’ai fini par me dire qu’il fallait que je tente le coup. »

Pour Brown, le moment décisif a eu lieu en 2009, quand le Worldwatch Institute a publié son rapport « Bétail et réchauffement climatique » [PDF], qui estimait avec précision la contribution véritable du bétail – buffles, moutons, chèvres, chameaux, chevaux, cochons et volailles – du monde entier aux émissions de gaz à effet de serre (GES).

Le bétail : 51% des gaz à effet de serre

Un rapport antérieur de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (ONUAA) [PDF] avait annoncé que cette contribution était de 18%, ce qui représente davantage que les voitures et les camions réunis. Le fait est assez choquant en soi.

VOIR LE DOCUMENT

Mais les auteurs de l’étude de Worldwatch, deux analystes travaillant pour la Banque mondiale, ont souligné que l’ONUAA n’avait pas pris en compte le CO2 rejeté par les 22 millions d’animaux de bétail, les forêts décimées pour laisser place aux pâturages, les champs de cultures fourragères, ni l’impact total de 103 millions de tonnes de méthane recrachées dans l’air par les ruminants chaque année. Après avoir fait le calcul, Worldwatch estimait que le bétail était en réalité responsable de 51% des GES.

Il n’en fallait pas plus à Brown pour qu’il ressorte son projet de McDo végétal. Adieux les piles à combustibles, adieux les Prius. Il s’est dit que s’il s’avérait capable de renverser le producteur de viande Meatworld, il pourrait mettre un terme au réchauffement climatique.

Brown a fait sa première découverte capitale lorsqu’il a rencontré Fu-Hung Hsieh, un scientifique en produits alimentaires de l’université du Missouri. Ce dernier a mis au point un moyen de transformer la protéine de soja en lanières que l’on mâche comme du poulet (je ne peux pas vous en dire plus, c’est top-secret, mais cela implique une combinaison de chaleur, de pétrissage et d’eau froide).

Brown a fondé Beyond Meat en 2009 et, en 2012, son produit inaugural appelé Beyond Chicken Strips a commencé à épater les gardiens du monde de l’alimentation.

« Je me suis fait avoir comme un bleu »

« Le plus impressionnant », me confie Alton Brown, de la chaîne de télé gastronomique américaine Food Network, « c’est que cela ressemble plus à de la viande que n’importe quel autre produit qui n’en est pas ».

« Je me suis fait avoir comme un bleu », a admis Mark Bittman dans sa rubrique gastronomique du New York Times. Biz Stone, cofondateur de Twitter et végétalien, n’y a aussi vu que du feu. Il a d’ailleurs investi dans l’entreprise. A l’instar de Bill Gates, dont la Fondation Bill-et-Melinda Gates soutient les innovations qui pourraient potentiellement sauver le monde. « J’ai goûté l’alternative au poulet de Beyond Meat »,écrit-il sur Internet. « Et honnêtement, je n’ai pas fait la différence avec du vrai poulet. »

Gates s’est vite rendu compte du potentiel de ce best-seller.

« Notre approche de la nourriture n’a pas tellement changé au cours du dernier siècle. Il est temps de révolutionner cette perception. Ce n’est que le début d’une innovation majeure. »

En 2012, Gates a pris un moment pour donner quelques conseils à Brown, que ce dernier retiendra toujours. Ethan se souvient :

« Il m’a dit : “Si tu fais en sorte que cela coûte moins cher que de la viande, et que tu t’implantes assez rapidement à l’internationale, c’est énorme.” »